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Kaki

L’intérêt du kaki, le "mets des dieux"

Le kaki (ou plaqueminier) Diospyros kaki est un arbre de la famille des Ébénacées, originaire de Chine et cultivé dans les pays chauds pour son fruit. Diospyros vient du grec ancien : dios « dieu, Zeus » et pyros « froment, mets ». Il commence à être cultivé en chine vers l’an 1300, depuis il a été répandu dans toutes les régions chaudes et notamment dans le bassin méditerranéen. Le fruit est communément appelé kaki. Ce sont de grosses baies globuleuses déprimées au sommet, rappelant un peu la forme des tomates, de couleur rouge orangé à maturité. La chair est juteuse, légèrement fibreuse et sucrée à maturité. Avant maturité, elle a un goût âpre et astringent dû à la présence de tannins. Sous nos climats, le fruit se récolte à l’automne.

Le kaki est un fruit très riche en vitamine C, en minéraux, fibres et en phénols, ce qui le rend très utile pour prévenir les maladies cardiovasculaires*. De récentes études ont aussi montré l’intérêt de la consommation de kakis dans la lutte contre le diabète*.

Depuis quelques années, une technique destinée à éliminer l’astringence a permis de récolter des fruits légèrement avant leur maturité physiologique. Ils présentent alors une fermeté qui facilite leur transport et leur consommation. Cette avancée technique a permis un fort développement de la production de kakis, notamment en Espagne où de l’ordre de 100 000 tonnes devraient être produites cette année, avec une unique variété, le "Rojo Brillante".

En France le kaki souffre d’une mauvaise image, principalement à cause de sa texture vitrescente lorsqu’il est récolté "mou" à maturité physiologique.

Cependant, les exportations régulières d’Espagne sur le sol français, montrent qu’il existe un marché à reconquérir, tout particulièrement avec les fruits fermes.


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Opportunités pour une nouvelle culture dans l’Hérault & L.R.

L’agriculture du Languedoc-Roussillon, et en particulier la viticulture, est à la recherche de cultures de diversification : diversifier l’offre locale, s’ouvrir à de nouveaux débouchés économiques.

Grâce aux récentes études qui montrent l’intérêt du kaki pour la santé* et la préoccupation toujours plus grande du public sur la qualité et les avantages nutritifs de son alimentation, il devient raisonnable d’envisager qu’une filière kaki puisse se développer dans les années à venir. Le fruit se récolte à l’automne-hiver, dans une période où l’offre de fruits est restreinte.

Si le « Rojo brillante », variété espagnole qui nécessite un traitement chimique anti-astringente, domine actuellement le marché, il existe également des variétés naturellement non astringentes, qui peuvent se récolter fermes et possèdent des qualités gustatives égales ou supérieures à "Rojo Brillante". Elles sont peu développées commercialement.

Etant donné les grandes parts de marchés que détient déjà le kaki espagnol, il semble que la mise en place et la pérennité d’une filière locale doivent passer par la proposition d’un produit haut de gamme sur le plan gustatif et qualitatif. La culture est rustique, et la quasi absence de bio-agresseurs justifie d’emblée une conduite des arbres en agriculture biologique.

Dans ce contexte une production "bio" de variétés non astringentes à haute valeur gustative est sans doute la meilleure réponse pour occuper ce segment de marché.

L’étude réalisée en 2009 avait également montré l’existence d’autres segments de marché très particulier, sur lesquels il convient de rester en veille : compléments nutritifs, usages non alimentaires,…


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Contexte & Objectif

LA CULTURE DU KAKI : MODE D’EMPLOI

Les références techniques sur la culture du kaki proviennent essentiellement de la région de Valencia où une seule variété est cultivée avec un unique mode de conduite.

Afin d’accompagner la mise en place d’une filière locale de kakis, il est indispensable de compléter et d’adapter ces références aux spécificités locales.

La rentabilité, le potentiel et le comportement des autres variétés doivent être évalués avec précision. De plus, la conduite d’un verger de kakis en production biologique ainsi que les améliorations possibles de l’itinéraire cultural sont des points qui restent à travailler.

Le Centre Expérimental Horticole de Marsillargues (CEHM), vise donc à adapter et améliorer l’itinéraire cultural à nos conditions de productions en mettant en place un verger expérimental dans le département de l’Hérault.


 

Le Kaki dans l’Hérault

Deux études sur le kaki ont été réalisées en 2009 et 2010 à la demande du Conseil Général de l’Hérault, sous l’impulsion de Raphaël Colicci, possédant à St Privat dans l’Hérault une collection de 130 variétés de kaki. Ce travail a été complété par une visite en Espagne, dans la région de Valencia qui a vu exploser la production du kaki depuis une vingtaine d’années . Deux Organisations de Producteurs de fruits et légumes de l’Hérault (COFRUID’OC et SICA de Mauguio) ont participé à ce déplacement.

La synthèse des ces travaux permet d’envisager une opportunité pour le développement d’une filière de kakis dans l’Hérault et en Languedoc-Roussillon, dans un contexte de recherche de cultures de diversification : alternatives à la viticulture, diversité de l’offre alimentaire locale,…


 

Verger expérimental

Un verger bio de kakis a été implanté en 2012 au CEHM  : itinéraire technique et collection variétale. Ce verger servira de site pilote aux producteurs qui souhaiteraient développer cette production.

L’objectif est d’acquérir des références permettant d’atteindre la meilleure rentabilité technico-économique ainsi que de déterminer les variétés potentiellement intéressantes.